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La réunification quinze ans
après
"Nous sommes à mi-parcours. Mais nous y parviendrons".
C'est ainsi que Manfred Stolpe, le ministre des Transports, de la
Construction et du Logement, en charge de la reconstruction des
nouveaux Länder, a résumé le 28 septembre dernier
la situation de l'Allemagne unifiée. Le pays qui vient de
célébrer le quinzième anniversaire de son unification
politique, le 3 octobre, se veut raisonnablement optimiste. La situation
économique dans les nouveaux Länder, en effet, inspire
actuellement beaucoup de déception, malgré toutes
les réalisations accomplies. Ce sentiment se mesure surtout
à l'aune des espoirs démesurés nourris au lendemain
de l'unification. On est encore loin des "paysages florissants"
promis par le chancelier Helmut Kohl. Le taux de chômage,
surtout, atteint près de 20 %. En 15 ans, l'unité
allemande a avancé, mais elle demeure incomplète,
avec ses réussites, ses déficits et, de plus en plus,
ses disparités.
L'Est a changé de visage
Au-delà de la liberté retrouvée par plusieurs
millions de personnes, la première réussite de l'unification
est sans doute la rénovation profonde du paysage de l'est
de l'Allemagne. Nombre de centres-villes en voie de délabrement
au moment de la chute du Mur de Berlin ont été refaits
à neuf. Les infrastructures de transport et de télécommunications
ont été développées au point de figurer
aujourd'hui parmi les plus modernes du monde, et d'avoir déjà
permis la naissance de plus d'un demi-million d'entreprises. A la
fin de l'année 2004, l'Etat avait investi quelque 25 milliards
d'euros dans les projets de transports baptisés "Unité
allemande". Ils ont permis de contourner 70 agglomérations,
de construire 110 kilomètres de routes nationales et résorber
les nœuds sur le réseau de transport.
Réussite en termes d'urbanisme et d'infrastructures
Les conditions de logement et d'habitation se sont, elles aussi,
considérablement améliorées. La réussite
des mesures et des programmes d'urbanisme et de rénovation
des logements se reflète dans la satisfaction exprimée
par les habitants…
En quinze ans, les Länder de l'est de l'Allemagne ont aussi
rattrapé une partie du retard économique hérité
de 40 ans de socialisme. Le revenu disponible par habitant atteint
aujourd'hui quelque 85 % de la moyenne allemande. Il a doublé
par rapport à 1991. La croissance du produit intérieur
brut (PIB) s'est chiffrée à 1,5 % en 2004, rebondissant
après un creux de 0,2 % en 2003. La crise du bâtiment
continue, certes, de la plomber. Mais certaines branches la tirent,
au contraire, nettement vers le haut. Les industries de transformation
ont enregistré une croissance de 8,8 % en 2004, soit deux
fois plus élevée qu'à l'ouest. Par ailleurs,
les exportations ont plus que doublé en dix ans, et augmenté
de 10 % rien qu'en 2004.
Les défis : chômage, natalité
et compétitivité
Les défis, néanmoins, se situent plus que jamais
sur le terrain économique et social. Les Länder de l'est
continuent de souffrir de problèmes spécifiques. La
faiblesse des entreprises en capitaux propres ou un manque d'investissement
dans la recherche industrielle, par exemple. Mais aussi la productivité,
qui n'atteint encore que 80 % de celle de l'ouest (dans les années
1990, une croissance des salaires beaucoup plus rapide que celle
de la productivité avait été un frein important
au développement des nouveaux Länder). La faiblesse
démographique est une autre menace de poids pour les nouveaux
Länder.. Mais le problème numéro un demeure,
bien sûr, le chômage. Il touche près d'un habitant
sur cinq (18,2 % en août) : c'est deux fois plus qu'à
l'ouest.
……Mais ce quinzième anniversaire marque une
rupture. La politique d'aides aux nouveaux Länder se réoriente
aujourd'hui vers un soutien plus ciblé aux régions
et aux branches en croissance.
Disparités régionales croissantes à
l'Est
C'est un rapport d'experts, réalisé à la demande
du gouvernement sous la direction de Klaus von Dohnanyi, qui a conduit,
en 2004, à ce tournant dans la prise de conscience économique
de l'unification. Constatant l'inefficacité du système
de "saupoudrage" des aides, il réclamait notamment
leur plus grande concentration. Derrière ce changement de
cap se cache une réalité : celle d'une différence
croissante non plus entre est et ouest, mais d'un fossé (nord-sud)
entre les régions de l'Est elles-mêmes. D'un côté
se développent des pôles de haute technologie hypercompétitifs,
autour de Dresde (microélectronique de pointe), de Leipzig
(automobile, technologies environnementales et biomédicales)
ou d'Iéna (optique), par exemple, qui sont capables de s'affirmer
sur les marchés internationaux. De l'autre, entre chômage
et dépeuplement, certaines régions peinent à
voir le soleil se lever à l'horizon. D'où, probablement,
le sentiment qu'il existe des "gagnants" et des "perdants"
de l'unification et la déception qui règnent chez
certains Allemands de l'est. »
Dans « les infos d’Allemagne » sur le site de
l’ambassade d’Allemagne |
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