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Le très
fort espoir de réunification de l'île est porté
par l'intégration de Chypre à l'Union
européenne
L'adhésion de Chypre à l'Union européenne
peut-elle permettre de résoudre enfin le problème
de la partition de l'île ? Après l'indépendance
de cette colonie britannique, en 1960, le pays est en effet divisé
en deux à partir de l'été 1974 : au Sud,
la partie grecque, au Nord, la partie turque (37 % de l'île).
Les deux parties sont séparées par la “ligne
verte”, contrôlée depuis 1975 par les casques
bleus de l'ONU. En novembre 2002, l'ONU proposait un
plan prévoyant la constitution d'un État composé,
en fait, de deux États constituants. L'État
commun serait gouverné par un conseil présidentiel
de six membres, un président et un vice-président
(l'un grec, l'autre turc) exerçant tour à
tour le pouvoir en alternance tous les dix mois.
Début mars 2003, l'ONU espérait convaincre
la République turque de Chypre Nord (RTCN) d'accepter
un référendum sur la question. Peine perdue : le président
chypriote turc, Rauf Denktash, a définitivement rompu les
négociations le 11 mars 2003. Avec un vote soumis au Parlement
grec de l'île, le 12 avril 2003, l'adhésion
à l'Europe n'est donc proposée qu'à
la partie sud du pays, la plus développée économiquement.
En 2002, celle-ci a profité d'une croissance économique
de 2,5 %, d'une inflation de 3,5 % et d'un chômage de 5 %.
Côté nord, la croissance est négative et le
niveau de vie des habitants est trois fois moins élevé
que chez les Chypriotes grecs. L'Union européenne espère
cependant que l'intégration de Chypre favorisera la réunification
du pays. Mais l'affaire est délicate. Elle dépend
notamment du gouvernement turc, qui soutient pour l'heure l'intransigeance
de la RTCN.
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L'eau connaît
aussi des changements de régime dans l'île
La coupure de l'île en deux se reflète également
dans la façon dont sont gérés les problèmes
vitaux des habitants de Chypre.
A Nicosie, la capitale, coupée par la ligne de démarcation,
le problème des déchets est devenu crucial pour les
deux côtés. Les habitants sont contraints de vider
régulièrement leurs fosses sceptiques sous peine d'être
envahis par les excréments qui sont évacués
dans la terre et qui refluent par temps de pluie. Une coopération
sur un système d'égout commun pourrait être
un premier pas dans la collaboration entre les deux parties de l'île
alors que la question des ressources en eau a été
traitée différemment par les deux côtés.
Il y a cinq ans, les chypriotes ne disposaient pas des 500 m3
d'eau par an et par habitant qui déterminent le seuil
de pénurie défini internationalement.
Côté sud, une politique de multiplication des barrages
et la construction de deux usines de dessalement d'eau de
mer, détenues par des sociétés israéliennes
et américaines, ont permis de résorber la pénurie
qui auparavant faisait que l'eau, par exemple, ne coulait
au robinet à Nicosie que trois jours par semaine.
Côté nord, les turcs ont opté pour l'acheminement
d'eau potable depuis la Turquie dans de vastes réservoirs
gonflables. L'eau continue donc à être une denrée
rare et si des contacts existaient autrefois entre les deux parties
de l'île pour gérer une pénurie commune,
aujourd'hui cette collaboration minimum n'existe même
plus puisque le problème est résolu côté
grec.
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