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Des réticences dépassées

   
       
 

Les difficultés d'un héritage...

   
       
       
       
 

Cinq ministres lettons travaillant sur ordinateur

Le Premier Minsitre letton Andris Berzins,
le Ministre de l'environnement Vladimirs Makarovs, le Ministre de l'Agriculture Atis Slakteris, le ministre de l'Éducation Greiskalns et le Ministre des Affaires Sociales Viktors Jaksons travaillant sur ordinateur pendant un conseil des ministres.
( EPA PHOTO / AFI / ELMARS RUDZITIS)

   
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
 

Des réticences dépassées

La Lettonie s’est prononcée la dernière sur son intégration à l’Union européenne, lors du référendum du 20 septembre 2003. Le gouvernement et les partis politiques exprimaient alors certaines craintes sur le sentiment pro européen de la population. Mais les Lettons se sont largement exprimés en faveur du « oui » qui a recueilli 67 % des voix.

L’angoisse d’une partie de la population de passer de la domination russe (jusqu’à l’indépendance en 1991) à la domination de Bruxelles semble s’être dissipée.

Le pays a abordé l’entrée dans l’Europe avec des performances économiques plus qu’honorables.

La croissance dépassait une nouvelle fois les 6% en 2003 et atteignait les 7% en 2004. Avec des taux d’imposition parmi les plus faibles d’Europe et une main d’œuvre qualifiée, la Lettonie attire les entreprises étrangères. La balance commerciale se porte bien avec des exportations toujours en hausse, principalement vers les pays de l’Union européenne avec qui la Lettonie réalise près de 61% de ses exportations et 53% de ses importations.

Dans ce contexte plutôt favorable (taux de chômage stable mais dérapage de la hausse des prix), quelques dossiers exigent encore des efforts du gouvernement et de sa charismatique présidente : intégration de la population russophone qui reste difficile, réforme agricole et lutte contre la corruption.

   
 
   
       
 

Les difficultés d'un héritage

Le 10 juillet 2003 plusieurs dizaines de russophones de Lettonie ont manifesté à Riga devant les ambassades d'Italie, d'Allemagne et de France pour inviter ces pays à défendre le droit des minorités ethniques lettones à recevoir une instruction dans leur langue maternelle.

Cette action avait été mise en œuvre par le comité de défense des écoles russes regroupant des représentants de 13 partis et organisations sociales de Lettonie. Il s'agit sans aucun doute d'un nouvel épisode de l'histoire de la minorité russophone en Lettonie.

En effet, près d'un demi million d'habitants de la Lettonie sont apatrides dans leur pays, il s'agit de russophones qui disposent d'un passeport spécial et qu'on appelle sur place des « non citoyens ».

La Lettonie est celui des pays Baltes qui a la plus forte proportion de russophone, environ un tiers de la population. Accusé de discrimination par la Russie, le pays a modifié sa législation en 1998 afin de faciliter l'acquisition de la citoyenneté lettone. Un examen, facile, de langue, d'histoire et de culture lettone permet à chacun de devenir citoyen letton à condition de résider dans le pays depuis cinq ans.

Mais aujourd'hui, seulement 60 000 russophones ont franchi le pas et ce malgré plusieurs campagnes de motivation. Sur les 18 000 enfants russophones nés depuis 1991 seul mille sont enregistrés comme Lettons.
Certains ont intérêt à demeurer non citoyen pour ne pas faire leur service militaire, ou pour payer moins cher les visas d'entrée en Russie ou en Biélorussie mais le nouveau ministre de l'intégration Nils Muiznieks y voit surtout un problème d'ordre psychologique.

« Il faut dire aux russophones qu'on est prêt à les accueillir. Tous les gens de Lettonie sont nécessaires à la Lettonie. »
Entre les partisans du tout letton qui souhaitent exclure la langue russe des circuits officiels, voire même de l'histoire du pays, et le parti de la minorité russophone devenu la deuxième formation au parlement à l'issue des dernières élections législatives, l'équilibre risque d'être délicat à trouver.