Des problèmes de langue
"Les universités se plaignent du manque de maîtrise
de la langue néerlandaise", titrait récemment
le Volkskrant en page 2.
"Certains établissements ont organisé des cours
de rattrapage. Ainsi, Ybo Buruma, doyen de la faculté de
droit de l’Université Radboud de Nimègue, constate
une dégradation de la maîtrise du néerlandais.
« Depuis quelques années un cours de droit sert de
cours de consolidation linguistique. »
Rens Tacoma, professeur d’histoire ancienne de l’Université
de Leyde, remarque non seulement que « les étudiants
ne maîtrisent pas le néerlandais, mais aussi que cela
ne leur fait rien. ’Je suis obligé de leur dire qu’ils
doivent rendre un texte sans fautes et ils n’y arrivent absolument
pas. Mais je refuse de leur enseigner les règles du néerlandais
par-dessus le marché’."
"Cette mauvaise connaissance du néerlandais gêne
aussi l’apprentissage d’une langue étrangère,
dit Wolfgang Herrlitz, professeur d’allemand à Utrecht.
« Ils n’ont pas de cadre de référence
grammatical. »
Le rapport d’évaluation de la deuxième phase,
les dernières classes des filières havo (enseignement
secondaire général et enseignement préuniversitaire)
que la ministre de l’Education Van der Hoeven a récemment
fait parvenir à la Deuxième Chambre conclut que, si
les connaissances des nouveaux étudiants ont un peu baissé,
leurs "capacités générales" se sont
améliorées.
Notons également dans une version abrégée
du discours inaugural du professeur extraordinaire d’histoire
Douwe Draaisma (Université de Groningue) : "Le chagrin
du cosmopolite". « L’internationalisation"
de l’enseignement supérieur est un "comble".
Elle est synonyme d’ anglicisation et ne signifie jamais qu’un
collègue allemand, par exemple vient donner des conférences
ou des cours en allemand, mais elle peut signifier que lors de symposiums
on demande à des intervenants néerlandais de s’adresser
en anglais à un auditoire essentiellement composé
de néerlandophones". "Davantage d’anglais
ne revient pas seulement à ouvrir de nouveaux mondes, mais
aussi à en fermer de plus anciens." "Quelle signification
l’internationalisation aura-t-elle pour les autres langues
modernes, dans la situation néerlandaise, surtout l’allemand
et le français ?" "Une anglicisation poussée
de l’université exercera une pression négative
sur le français et l’allemand en filière vwo." |