Le référendum
sur l’euro en 2003
Lors du référendum organisé le 14 septembre
2003, les suffrages des 6 millions d’électeurs suédois
se sont partagés entre 56,1% de non à l’euro
et 41,8% de « oui ». L’assassinat quatre
jours avant le scrutin d’Anna Lindh, la ministre des Affaires
étrangères, fervent défenseur de l’adoption
de la monnaie unique, ne semble pas avoir eu d’impact sur
les résultats du scrutin. Depuis plusieurs mois, la victoire
du « non » se dessinait dans la majorité
des sondages. En revanche la forte participation électorale
(81%) est peut être un signe du traumatisme causé par
ce drame.
Le référendum du passage à l’euro a
animé la vie politique suédoise pendant des mois.
Et la victoire du « non » a imposé un sérieux
revers au premier ministre social démocrate, Goran Persson.
Le chef de gouvernement s’était en effet particulièrement
engagé en faveur de l’adoption de la monnaie unique
en faisant du référendum l’une de ses priorités
et s’était mis en tête de convaincre les euro
sceptiques. Une tâche plutôt complexe dans un pays qui
a toujours été très divisé sur la question
européenne.
Déjà en 1995, l’entrée dans l’Union
européenne avait fait l’objet d’un référendum
accepté à une faible majorité.
Dans les années qui ont suivi l’adhésion, l’opinion
politique est restée en grande partie hostile à l’Union
européenne. En décembre 1997, le Parlement avait d’ailleurs
remis à plus tard la question du passage à l’euro.
En disant « non » à l’euro, les Suédois
ont refusé des relations économiques trop étroites
avec l’Union européenne, rejeté le fonctionnement
des institutions européennes et manifesté leur méfiance
générale envers leurs propres élus et les pays
de la zone euro.
Une partie de la population a peut être ainsi manifesté
sa crainte de voir disparaître le modèle social suédois. |