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Face
à l'attitude belliqueuse des États-Unis, les pays
européens n'ont pas réussi à élaborer
une position commune sur la question irakienne
Voilà déjà plusieurs années
que, sur différents dossiers internationaux (le Rwanda, l'ex-Yougoslavie,
le conflit israélo-palestinien, etc.), on savait l'Union
européenne incapable de parler d'une seule voix.
La récente crise irakienne n'a fait que confirmer
cette impuissance. De septembre 2002 à mars 2003, les Quinze
de l'Union européenne n'ont jamais réussi à
élaborer une position commune sur la question irakienne.
Bien sûr, l'Europe s'est avant tout construite,
dès 1951, sur la base d'une alliance économique et
d'un objectif de "paix et de stabilité" sur le
Vieux Continent. Mais les enjeux mondiaux l'interpellent aujourd'hui
sur la place qu'elle souhaite occuper dans le monde.
Olivier Piot |
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Quatre sur vingt-cinq
!
Certes, les deux pays piliers de la construction
européenne (la France et l'Allemagne) ont pris la tête
d'un “front du refus” contre une guerre en Irak sans
l'aval de l'ONU. Certes, ce camp de la paix, favorable à
la poursuite des inspections en Irak, a su rallier d'autres pays
de l'Union européenne (la Belgique et la Grèce), ainsi
que des pays de premier plan (la Russie, la Chine, etc.).
Toutefois, le rapport de force au sein de l'Union
européenne leur a été fatal. Sur les Quinze,
4 pays ont été contre la guerre, pour 4 neutres et
7 favorables. Parmi les 14 pays candidats à l'Union européenne
à ce moment, 12 étaient pour une intervention, contre
seulement 2 neutres (Malte et Chypre).
À l'échelle des 25 États
que comptait l'Union européenne en mai 2004, seuls 4 pays
étaient donc contre la guerre, 6 sont restés neutres
et 15 étaient pour ! Le 30 janvier 2003, huit dirigeants
européens publiaient un texte commun en faveur d'une intervention
militaire en Irak, suivis quelques jours plus tard par 12 pays européens,
dont de nombreux ex-pays communistes.
Le 18 février 2003, Jacques Chirac reprochait
à ces pays d'être "mal élevés"
et "inconscients" et, surtout, "d'avoir perdu une
occasion de se taire" ! Tonique, cette sortie du président
cachait toutefois un aveu de faiblesse. Car les divisions politiques
au sein de l'Union européenne sur l'Irak ont aussi traduit
l'impuissance de l'Union à peser militairement. La défense
européenne repose depuis longtemps sur le couple franco-anglais,
les deux seuls pays qui disposent d'une capacité militaire
sérieuse. Or le fossé entre le Royaume-Uni et la France,
sur l'Irak, a une nouvelle fois montré la fragilité
d'un projet européen de défense.
Olivier Piot
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