Sommaire
Politique étrangère commune
La PAC
La sécurité maritime
Les universités
Quel avenir pour le projet européen ?
Sécurité alimentaire : une priorité
européenne
Le développement durable : une idée qui
gagne.
Galiléo et l’espace européen
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Sécurité
maritime : des promesses à tenir |
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Les naufrages des pétroliers Erika
en 1999 et du Prestige en 2002, sont venus rappeler qu'en matière
de sécurité maritime, la coopération européenne
devient urgente
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Avec le naufrage du Prestige,
c'est la troisième marée noire en fuel lourd dans les
eaux européennes en moins de quatre ans |
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Deux ans après : des avancées prometteuses |
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Le risque zéro est-il possible ? |
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En savoir plus |
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Les marées noires en Europe
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Les
naufrages des pétroliers Erika en 1999 et du Prestige en
2002, sont venus rappeler qu'en matière de sécurité
maritime, la coopération européenne devient urgente
Le 19 novembre 2002, le spectacle de nappes de pétrole
s'échappant de la carcasse brisée d'un navire, le
Prestige, s'affiche une nouvelle fois sur nos écrans de télévision.
Deux ans auparavant, le naufrage de l'Erika, près des côtes
de Bretagne, avait pourtant suscité une même unanimité
de réactions et son lot de promesses. Baptisées “Paquets
Erika I” et “Erika II”, de nouvelles
lois visant à renforcer la sécurité maritime
étaient élaborées par la Commission européenne.
Dès son adoption, ce train de mesures a été
critiqué par Loyola de Palacio, la commissaire européenne
chargée des transports, qui ne les jugeait pas assez ambitieuses.
Elles visaient à renforcer le nombre et la qualité
des contrôles effectués dans les ports européens,
à créer des ports-refuges pour accueillir les navires
en difficulté et éviter leur naufrage, et à
mettre sur pied une agence de sécurité maritime chargée
de veiller à l'harmonisation et au contrôle de la législation
européenne. Or, lorsque le Prestige a coulé, aucune
de ces initiatives n'avait été appliquée.
Pour expliquer les difficultés des pays de
l'Union européenne à s'accorder sur cette politique
maritime, plusieurs éléments convergent. D'une part,
les pays continentaux qui ont peu de côtes sont plus réticents
à investir dans des mesures coûteuses de sécurité
maritime. D'autre part, il est difficile de contrôler les
navires de passage sur les eaux d'un territoire, seuls les navires
accostant dans les ports étant vérifiés. Enfin,
la complexité des montages d'expéditions qui combinent
des pétroliers, des affréteurs et des armateurs ne
facilite guère les procédures de contrôle.
Pourtant, des listes de "navires-poubelles" et des pays
offrant des pavillons de complaisance ont été établies
et les pétroliers européens évitent de recourir
à ces affréteurs. En conséquence, des pays
dénoncés comme "complaisants", mais qui
souhaitent étendre leur commerce à l'Union européenne,
tentent d'imposer des règles de sécurité conformes
aux exigences communautaires.
En ce sens, l'élargissement de l'Union devrait
également jouer un rôle régulateur. Pour intégrer
l'Union, Chypre, qui figurait au rang des pavillons de complaisance,
s'est ainsi dotée d'une législation et de moyens de
contrôle exemplaires.
La catastrophe du Prestige devrait également
favoriser l'application des mesures existantes, voire encourager
des lois plus restrictives. En décembre 2002, les Quinze
se sont ainsi engagés à interdire l'accès à
leurs ports et points de mouillage aux pétroliers à
simple coque transportant du fioul lourd, du goudron ou du bitume.
Ils ont aussi décidé de contrôler systématiquement
tout navire transportant des matériaux dangereux et polluants,
passant dans leurs eaux territoriales. Ces propositions de la Commission
doivent être adoptées avant juillet 2003.
Caroline Carissoni |
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Deux ans après
: des avancées prometteuses
Après l’adoption des deux séries
de mesure engendrées par le naufrage de l’Erika, l’Agence
européenne de sécurité maritime ((AESM) a vu
le jour en juin 2002 et ses missions ont été élargies
aux interventions d’urgence et au contrôle de la sûreté
des ports.
Fin février 2003, à l’exception
de la Belgique, tous les Etats membres avaient ajusté leur
législation. Seule la Finlande n’avait pas transposé
dans ses lois les critères européens d’agrément
des sociétés de classification. Il a cependant fallu
que la Commission envoie à huit Etats membres en novembre
2003 un nouvel avertissement avec menace de saisie par la Cour de
justice.
Par ailleurs, douze pays ont reçu une nouvelle
mise en demeure, fin février 2004, date à laquelle
devaient s’appliquer les mesures d’Erika II. Or seuls,
le Danemark, l’Allemagne et l’Espagne avaient alors
aménagé leur législation pour prévoir
des ports refuges et coopérer en matière de suivi
du trafic maritime.
S’appuyant sur l’émotion provoquée
par le naufrage du Prestige et la volonté politique affichée,
la Commission a néanmoins pu relancer son action.
Ses orientations sont même suivies par l’Office
maritime international (OMI) qui a voté fin 2003 une interdiction
mondiale de transporter dès 2005 des hydrocarbures lourds
à bord de vieux pétroliers à coque unique et
interdit ces navires à la navigation dès 2010.
L’étape suivante a consisté alors
à engager pénalement la responsabilité de tous
les acteurs maritimes.
Le 13 janvier 2004, le parlement européen a
approuvé un projet de directive qualifiant le déversement
d’hydrocarbures « d’infraction pénale »
sanctionnée par de lourdes amendes, voire des peines de prison.
Chantal Cabé
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Le risque zéro
est-il possible ?
En matière de protection contre les marées
noires, le risque zéro est difficile à atteindre,
mais des mesures peuvent permettre de s'en rapprocher. Cependant,
elles demandent des choix parfois radicalement novateurs en matière
de politique énergétique et de transport.
Aujourd'hui, l'Union européenne importe 90 % de son
pétrole par voie maritime, d'où un trafic naval intensif
et le recours à des bateaux transportant des quantités
de pétrole de plus en plus importantes. Seule une volonté
communautaire de diversifier les modes d'acheminement, notamment
par le recours à des oléoducs, pourrait réduire
ce flux.
Une autre piste, plus globale, passe par la réduction
de notre consommation en énergie fossile, donc de nos importations
de pétrole.
Au moins pourrait-on construire des navires plus sûrs ?
Cette sécurité semble aujourd'hui garantie par les
navires à double coque, imposés par les États-Unis
qui interdisent leurs eaux aux navires à simple coque depuis
1990. L'OMI (Organisation maritime internationale) veut également
imposer cette norme au niveau mondial, en interdisant la navigation
des simples coques d'ici à 2015.
Cependant, certains scientifiques mettent en doute
la fiabilité à long terme des navires à double
coque, l'espace séparant ces parois étant difficilement
accessible, donc délicat à entretenir et… à
vérifier. En outre, certains estiment qu'en cas de percement
de la double coque, ces navires présenteraient un risque
d'explosion accru du fait d'une ac-cumulation de gaz entre les deux
coques.
Caroline Carissoni
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En savoir plus
A LIRE
- Pétroliers de la honte, de Patrick
Benquet et Thomas Laurenceau, éditions 1 (2000)
- « Les voyous de la mer » de C Buchet, Ramsey (2003)
WEB
http://www.le-cedre.fr
http://
www.ifremer.fr
L'Institut français de recherche
pour l'exploitation de la mer fait le point sur le naufrage du Prestige,
ses conséquences et les moyens de lutte contre la marée
noire. |
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