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Le non de la France et des Pays Bas a donné un coup d’arrêt à la construction européenne

Chacun des vingt-cinq Etats membres de l’Union européenne est appelé à se prononcer sur le projet constitutionnel, soit par le biais des parlements nationaux soit par référendum.
Or, à la suite des « non » français et néerlandais la question de l’avenir de la constitution se pose. Et au-delà, de l’UE elle-même.
En effet, trois jours après la France, les Pays Bas rejetaient le projet de constitution.
Début juillet 2005, treize Etats avaient déjà dit oui : l’Allemagne, l’Autriche, Chypre, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Slovaquie et la Slovénie.
Pour entrer en vigueur, la Constitution doit être ratifiée par les vingt cinq Etats de l’Union. Il faudrait donc que non seulement que ceux qui ne se sont pas encore prononcé votent « oui », mais aussi que la France et les Pays Bas demandent à leurs citoyens de voter une seconde fois et que ceux-ci changent d’avis.
Lors du conseil européen de juin 2005, les dirigeants européens ont clairement exclu toute renégociation de la Constitution. Ils ont cependant renoncé à la date butoir initialement fixée au 1° novembre 2006 pour achever les ratifications. Les dirigeants européens ont en effet suggéré de reporter de 2006 à 2007 la fin de la procédure.
Ce délai supplémentaire donné au gouvernement a pour but d’enrayer la dynamique du « non ».
Il revient donc à chaque pays membre d’organiser la ratification pour que cette constitution entre en vigueur dans toute l’union. Lorsqu’un Etat rejette la Constitution, c’est le traité de Nice, aujourd’hui en vigueur, qui continue de s’appliquer.
Le « non » au traité constitutionnel de deux pays fondateurs de l’UE a été perçu à Bruxelles comme un coup d’arrêt à la construction européenne. Une réflexion doit être menée sur les raisons de ce rejet afin de redéfinir les orientations de la construction européenne.
Au premier semestre 2006, les vingt cinq entendent se revoir pour faire le bilan de cette ratification et des ratifications.
Les opinions publiques, en votant non, ont largement exprimé un désenchantement qui se manifeste pour le moment par un certain repli sur la nation.
On l’a constaté lors du Conseil Européen des 16 et 17 juin 2005 : la négociation sur le budget pluriannuel 2007-2013 s’est achevée sur un échec. La plupart des Etats ont défendu avec passion leurs intérêts nationaux sans accepter de compromis, même au nom de l’Europe.
Sur la question de l’élargissement, le premier ministre Luxembourgeois, Jean Claude Junker, alors président de l’UE, a assuré lors du sommet européen de juin 2005, qu’il n’était pas question de remettre en cause l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, prévue en 2007 : « les traités ont été signés, ils seront respectés dans leur intégralité. »
La Roumanie et la Bulgarie ont signé le 25 avril 2005 leur traité d’adhésion à l’UE. Les deux pays doivent théoriquement rejoindre l’Union le 1° janvier 2007, mais les vingt cinq ont la possibilité de reporter cette entrée d’un an, en cas de retard de préparation de Sofia ou de Bucarest.
Concernant la Turquie, même si la question est toujours au centre de nombreuses discussions, les négociations préalables ont commencé à la date prévue.

Chantal Cabé

Le non français

54,8% des français ont rejeté le texte qui leur avait été soumis. Ce scrutin a été marqué par une très forte participation, de près de 70%.
Un sondage TNS-Sofres et Unilog a montré que la crainte du chômage était la première raison qui avait poussé les électeurs a voter non. En deuxième position, « le ras le bol vis-à-vis de la situation actuelle ».
Un autre décrochage est venu des jeunes : 56% des 18/24 ans ont répondu non le 29 mai.