L’œil
de Galiléo
Soucieux de ne pas être dépendants du
système GPS développé par les américains,
les Européens ont lancé leur propre technologie de
localisation par satellite.
Il est capable de localiser n’importe qui sur
la planète. Il indique aux avions leur position, informe
les joggeurs sur la distance parcourue, repère les alpinistes
ou les bateaux en perdition, guide les militaires en territoire
ennemi, remet le conducteur perdu dans la bonne direction, facilite
le travail des cartographes. Ce système c’est le GPS,
ou Global Positioning System : un procédé de localisation
réalisé par vingt huit satellites en orbite autour
de la terre, gratuit (seuls les boîtiers récepteurs
sont payants) et fiable.
L’ennui c’est que ce système hautement
stratégique est géré par le ministère
américain de la Défense. Destiné uniquement
aux militaires à l’origine, il s’est très
rapidement ouvert aux applications civiles. Ce monopole chagrine
les européens qui n’aiment pas se sentir dépendants
des américains. D’autant que les applications du GPS
touchent un nombre croissant de secteurs qui, économiquement,
humainement et diplomatiquement, sont sensibles. La moindre défaillance
de ce système pourrait avoir de graves conséquences.
Il était donc urgent de proposer une alternative au GPS.
Le projet Galiléo a été développé
dans les années 1990 par la Commission européenne
et l’Agence spatiale européenne. Il a été
officiellement confirmé en mai 2003 quand tous les partenaires
européens se sont mis d’accord sur leur contribution
respective.
Le premier satellite a été lancé
fin 2005 et, en 2008, trente satellites formeront la constellation
finale.
Une véritable performance quand on songe que
le GPS a été développé lui en plus de
trente années.
Les européens assurent que leurs satellites
fourniront un signal plus précis et plus fiable que le GPS.
Ils proposeront des services supplémentaires : réception
des signaux de détresse, aide à la navigation aérienne
et maritime, signaux sécurisés pour des applications
sensibles, etc…….
Ces services ont été ajoutés
afin de motiver les futurs acquéreurs. Car les gouvernements
et les industriels impliqués espèrent bien revoir
leur investissement évalué à 3,4 milliards
d’euros. Si la localisation type GPS sera gratuite, les services
supplémentaires seront, eux, payants.
Enfin, Galiléo et GPS ne seront pas concurrents
mais complémentaires. Un même récepteur utilisera
indifféremment les signaux émis par l’un ou
par l’autre. L’intérêt a été
bien compris par les deux parties : plus le récepteur capte
de satellites et plus sa position est connue de manière précise.
Elle devrait être de l’ordre du mètre.
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